Pratiques journalistiques

Apache.be, mode d’emploi d’un « pure player »

18-04-2013

apacheNé en 2009 dans sa version flamande, le site Apache.be se décline en français depuis bientôt un an et demi.  Ses maîtres-mots : « indépendance » et « qualité de l’info ».

L’histoire

Apache.be est né en 2009, à l’initiative de deux anciens journalistes du Morgen , Georges Timmerman et de Tom Cochez, et d’un ancien d’un autre quotidien, Het Gazet van Antwerpen, Bram Souffreau, nous explique Sylvain Malcorps, responsable de la version francophone de Apache.be. « Ils avaient quitté la rédaction du quotidien avec l’idée que leurs travail et leurs conditions de travail ne correspondaient plus au journalisme qu’ils souhaitaient développer. Ils ont d’abord lancé un blog qui s’est développé et qui, petit à petit, a donné naissance à Apache.be. La version française a été développée à mon arrivée, en novembre 2011. J’avais travaillé pour Rue89 à Paris à la sortie de mes études. J’étais ensuite revenu en Belgique pour travailler comme assistant à l’ULg. J’ai ensuite eu la possibilité de faire un stage en entreprise en Flandre, et ce fut chez Apache. L’idée était de développer un blog en français sur un site en néerlandais, pour voir ce que cela donnerait. On a fait ça pendant trois mois avec quelques traductions et ça a bien fonctionné. »

La ligne éditoriale

La version francophone du site « suit la même ligne directrice que le site en néerlandais où l’on favorise les contenus de qualité où l’on essaye de privilégier l’investigation, le reportage, l’analyse, des portraits… » Apache.be est également alimenté via un système de traduction croisé. « Il permet de parler d’initiatives du nord et du sud du pays sur un même sujet mais avec un point de vue différent. Cela permet de rapprocher les communautés, de comprendre, de nuancer et aussi de dédramatiser », souligne Sylvain Malcorps.

L’équipe rédactionnelle

Sylvain MalcorpsLa rédaction d’Apache.be est basée à Anvers. « On est une équipe de 4-5 personnes. Je suis le seul francophone en charge du développement en français. Du côté francophone, on travaille donc avec des freelances. On essaie de leur acheter des contenus à un prix raisonnable même si nous n’y sommes pas encore (mais nous y travaillons vraiment). Notre objectif n’est pas de créer une rédaction de 100 journalistes mais de faire fonctionner un site de contenus. »

Les piges

« Nos tarifs sont alignés sur ceux d’autres médias de presse écrite mais nous estimons qu’ils sont encore trop bas. Ce n’est pas un débat nouveau. Notre objectif, à terme, est de mettre en place un modèle économique qui nous permette de mieux rémunérer les journalistes. »

Le modèle économique

« La version néerlandophone du site est semi-payante : une majorité des articles sont accessibles à condition de souscrire un abonnement payant. Du côté francophone, la situation est différente », explique Sylvain Malcorps.  » Cette année, on a bénéficié d’une aide à la presse qui nous a permis d’acheter du contenu mais l’objectif est d’apposer un ‘pay wall’ (mur payant) dès janvier 2014, en proposant également des formules d’abonnement. Dans un souci d’indépendance, nous n’acceptons pas de publicité sur le site. On n’a pas non plus envie de dépendre uniquement des subsides pour exister. Ce qui nous intéresse, c’est de trouver un modèle hybride pour développer le site et payer les journalistes. »

« Apache.be, c’est aussi une coopérative », précise Sylvain Malcorps. Les lecteurs et les journalistes peuvent acheter des petites parts et si on dégage des bénéfices à l’avenir, ceux-ci s’y retrouveront également. »

Recueilli par L. D.

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