Recherches et analyses

Les journalistes européens et les médias sociaux

04-05-2012


Le document a été publié en janvier dernier par la Commission européenne (DG Communication) : l’eurobaromètre « Les journalistes et les médias sociaux » vise à cerner les usages des professionnels de l’information dans les 27 pays de l’UE. Le terme « médias sociaux » fait référence aux « technologies mobiles et basées sur internet qui transforment la communication en un dialogue interactif. Les médias sociaux peuvent prendre différentes formes : forums internet, blogs, wikis, podcasts, photographies ou images, vidéos, évaluations et partage de signets« , précise le document.

Le rapport se base sur un entretien approfondi de 5 journalistes de chaque pays (radio, télé, presse écrite, médias publics et privés) soit un total de 135 journalistes. A la majorité, ils bénéficient d’une expérience professionnelle de 10 à 20 ans. A la majorité également, ceux-ci utilisent « une large gamme de sources traditionnelles et de médias sociaux » et « ne rencontrent pas de difficulté à trouver des informations« .

Les journalistes utilisent les médias sociaux dans leur travail, note l’eurobaromètre, et les deux plateformes les plus largement utilisées sont Facebook et Twitter. « Facebook est aussi utilisé assez couramment dans la vie privée tandis que Twitter est surtout utilisé dans le travail« .

Un usage passif, actif et interactif

Autre constat posé dans ce rapport : « La plupart des journalistes utilisent les médias sociaux dans leur vie privée. Ils sont partagés quant à la question de savoir s’ils séparent leur utilisation professionnelle et privée des médias sociaux. Un grand nombre de journalistes appliquent une distinction, mais la majorité ne le font pas, pour des raisons de facilité, d’authenticité. » Leurs activités, sur les médias sociaux, sont essentiellement liées à la recherche d’informations et ils le font plutôt dans leur langue maternelle qu’en anglais. Leur utilisation des médias sociaux est tantôt passive (pour garder un œil, observer ce qui se passe), active (chercher des informations) et interactive (publier et télécharger des informations).

Parmi les avantages cités par les journalistes interrogés – majoritairement des salariés travaillant pour les « grands médias » du pays – à propos des médias sociaux, la rapidité et l’accès instantané à l’outil. Le plus grand danger réside, selon eux, dans la fiabilité des informations qu’ils y trouvent.

Zones d’abondance et d’influence

En Belgique, les 5 journalistes interrogés étaient tous des hommes. L’un d’entre eux a épinglé l’abondance d’informations et le temps nécessaire pour la défricher : « Je pense que plus [les informations] sont abondantes, plus c’est difficile, et en tout état de cause, il faut plus de temps. » (Homme, journaliste pour une radio publique, BE). « Je suis actuellement à ma vitesse de croisière. Tout ce qu’il peut arriver est que la technologie continue d’évoluer et que je les utilise plus souvent pour rester au niveau de l’évolution. » (Homme, journaliste de presse, BE). Le pouvoir d’influence des médias sociaux a également été évoqué : « Sur Twitter, on peut acquérir une influence à travers le public. Une personne qui a 1.000, 2. 000, 4.000, 10.000 ou 100.000 abonnés aura une influence plus sensible qu’une personne qui a 44 abonnés« . (Homme, journaliste de presse, BE)

Un chapitre de cet eurobaromètre est en outre consacré aux entreprises de presse dans lesquelles travaillent ces 135 journalistes : pratiquement toutes utilisent les médias sociaux à des degrés divers. Leurs objectifs sont d’interagir avec le public, promouvoir leurs programmes et canaliser le trafic. Si une majorité de journalistes affirme que leur entreprise ne dispose pas « de lignes directrices formelles sur la manière dont les médias sociaux doivent être utilisés », « il est considéré que les médias sociaux sont soumis aux règles générales de déontologie. »

L. D.

Image CanstockPhoto

» Télécharger l’eurobaromètre « Les journalistes et les médias sociaux »

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