Une quarantaine de militants des libertés de la presse et d’expression se sont réunis le 31 mai, devant l’ambassade du Burundi à Bruxelles, pour participer à une action contre la nouvelle loi sur la presse qui risque d’être promulguée dans les jours qui viennent. Adopté par l’Assemblée nationale et par le Sénat du Burundi, le projet de loi est actuellement entre les mains du président qui a le pouvoir de la promulguer ou non. Si la loi entre en vigueur, les journalistes burundais ne pourront plus effectuer leur travail en toute liberté, ils seront passibles de lourdes amendes pour toutes sortes de motifs (atteinte à la sécurité nationale, à la sécurité publique, à l’économie…) et leurs sources ne seront plus protégées.

Manifestation devant l'ambassade du Burundi - Photo Alain Dewez

Photo : Alain Dewez / AJP

Initiée par Amnesty International, cette action était soutenue par la Fédération internationale des journalistes (FIJ), l’Association générale des journalistes professionnels de Belgique (AGJPB) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Les manifestants étaient bâillonnés, derrière une banderole réalisée pour l’occasion par Amnesty : « La liberté de la presse en danger ».

Une délégation reçue par l’Ambassadeur

Une délégation a été reçue par l’Ambassadeur du Burundi en Belgique afin de s’entretenir sur une loi que dénoncent de nombreuses organisations internationales ainsi que les professionnels de l’information. A l’issue de leur rencontre, qui a duré une bonne demi-heure, Philippe Hensmans, Président d’Amnesty International Belgique, a déclaré que l’Ambassadeur leur avait indiqué que la loi coninfos_AJPée pourrait encore connaître certains changements. « Mais tout va dépendre de ce que va décider le président et des débats qui ont lieu au Burundi aujourd’hui.  Soit le président adopte la loi telle quelle, soit il la renvoie au Parlement, soit il la rejette. A l’heure actuelle, c’est un peu tôt pour savoir ce qui va être décidé. Nous avons essayé, entre autres, de rappeler que la loi ne puisse être utilisée pour des fonctions différentes que celles de protéger l’information du citoyen. Même s’il y a une bonne volonté de ne pas utiliser la loi à des fins politiques ou contraires à la protection des journalistes, cela pourrait arriver un jour. »

« J’espère que les arguments que nous avons développés vont pouvoir être entendus et que les critiques à l’encontre de cette loi seront écoutées et acceptées. Sur le plan international, nous avons besoin qu’un pays comme le Burundi appuie la liberté de la presse et nous espérons que celui-ci pourra jouer un rôle positif », a ajouté Jean-Paul Marthoz, représentant du Comité pour la protection des journalistes (CPJ).