Actus

Identifier des personnes est une chose, publier leur photo en est une autre…

22/12/2017

Conseil de déontologie journalistiqueLors de sa dernière réunion de l’année, le Conseil de déontologie journalistique a adopté 2 avis sur plainte. La première, déclarée partiellement fondée, visait un article de La Capitale, publié dans toutes les éditions de SudPresse. Il évoquait l’embauche de proches de mandataires du PS dans des institutions bruxelloises, notamment le Samusocial. Les plaignants regrettaient d’avoir été mis en cause dans ce dossier, contestaient la publication de leur photo sans autorisation et déploraient la diffusion d’un ragot lancé par un autre média. Dans son avis, le CDJ a estimé que si l’information publiée relevait de l’intérêt général, il n’en allait pas de même de la diffusion de la photo des plaignants qui ne sont pas des personnalités publiques, ni sur le plan personnel, ni par leur filiation. Il a rappelé dans son avis que la diffusion d’une photo sur un profil Facebook ne peut être interprétée comme une autorisation tacite de reproduction. Par ailleurs, il a jugé que le média avait pris les précautions nécessaires pour relayer les propos d’une source qui avait été initialement diffusés par un autre média.

Un intérêt général supérieur au droit de l’individu

La deuxième plainte, déclarée non fondée portait sur un article de La Libre relatif au Parti Populaire. Le journaliste y rendait compte de la volonté de certains de ses membres de créer un parti dissident et de se rapprocher du FN français et de Nation. Le plaignant, identifié comme l’un des initiateurs de ce rapprochement, dénonçait ces informations fausses et non fondées qui portaient atteinte à son honneur et à ses valeurs. Après examen du dossier, le CDJ a constaté que le journaliste disposait de deux sources distinctes ; il avait sollicité le point de vue des personnes concernées (dont le plaignant), avait attendu de disposer de pièces probantes et avait confronté l’info à une troisième source. Le CDJ a également retenu que l’atteinte éventuelle à la réputation et à l’honneur du plaignant ne relevait pas d’une faute déontologique : outre le fait qu’elle avait été vérifiée et recoupée, l’information présentait un intérêt général certain pour le public qui prévalait dans ce cas sur les droits de la personne.

En 2017, le CDJ a remis 49 avis (dont 48 sur plainte), pour 39 en 2016 et 31 en 2015 et 2014.