Actus

Le CDJ appelle au respect du droit de réplique

30/01/2018

Lors de sa réunion de janvier, le Conseil de déontologie journalistique a adopté 3 avis sur plainte : deux ont été déclarées fondées (La Meuse Liège, La Meuse Luxembourg), une non fondée (RTBF).

Conseil de déontologie journalistiqueLa première plainte, déclarée fondée (P.-H. Lucas c. M. G. / La Meuse Liège), portait sur un article de La Meuse Liège qui annonçait que le bourgmestre d’Awans avait commis un faux. Dans son avis, le CDJ a estimé que si le travail du journaliste démontrait que le document évoqué était bien antidaté, il ne lui permettait pas pour autant d’affirmer que le bourgmestre l’avait signé avec l’intention de commettre un faux. Le Conseil a relevé par ailleurs qu’en publiant cette accusation grave sans accorder au bourgmestre le délai raisonnable qu’il sollicitait pour prendre connaissance du dossier avant de donner sa version des faits, le journaliste ne lui avait pas permis d’exercer correctement son droit de réplique. Il a estimé en effet qu’aucune urgence ne nécessitait de publier l’article sans attendre que le plaignant donne son point de vue. Enfin, le CDJ a estimé que le média n’avait, par la suite, pas explicitement rectifié l’information publiée.

Identification d’une mineure et intérêt général

La deuxième plainte, déclarée partiellement fondée (X. c. M. M. / La Meuse Luxembourg), concernait un article de La Meuse Luxembourg qui rappelait l’histoire d’un père, séparé de sa fille depuis 3 ans, qui venait d’apprendre que celle-ci était rentrée en Belgique. La partie plaignante déplorait le fait que la journaliste ait relayé des informations d’intérêt purement privé sans la moindre enquête sérieuse, diffamant ainsi tant la fille que la mère. Après examen du dossier, le CDJ a observé que La Meuse Luxembourg avait manqué de prudence en publiant plusieurs éléments qui, par convergence, permettaient de reconnaître sans doute possible l’enfant à propos duquel le père révélait des informations d’ordre privé. Vu les faits évoqués dans l’article, vu que ces derniers concernaient une mineure, le CDJ a estimé que cette identification n’avait pas lieu d’être et portait atteinte aux intérêts de la jeune fille. Il a par contre retenu que le témoignage du père pouvait être considéré comme d’intérêt général et que la journaliste l’avait correctement vérifié avant de le relater.

La troisième plainte, déclarée non fondée, (B. Pinte c. K. Azzouz / RTBF (JT)) visait un reportage du JT de la RTBF (« 13h ») consacré aux infractions commises par les cyclistes. La plaignante jugeait la présentation et le contenu du reportage biaisés et à charge des cyclistes ; elle relevait aussi une erreur d’interprétation du journaliste quant au sens d’un panneau routier. Dans son avis, le CDJ a constaté que le traitement général du sujet restait nuancé, que le journaliste avait mené, dans les limites d’une séquence télévisée de six minutes, un travail d’enquête sérieux, s’appuyant sur plusieurs constats, expertises et témoignages. Par ailleurs, il a estimé que l’erreur relevée par la plaignante n’altérait pas le sens général de l’information et que le journaliste avait agi de bonne foi. Il a également noté que l’erreur avait été spontanément corrigée dans les versions ultérieures du reportage.

Fin janvier, 21 plaintes sont en traitement au Conseil de déontologie journalistique.