Réunion de septembre (1) au CDJ : 1 plainte partiellement fondée (Today in Liège) ; 1 plainte hors compétence
Le Conseil de déontologie journalistique (CDJ) a rendu une décision sur plainte lors de sa première réunion de septembre. Cette plainte, jugée partiellement fondée, portait sur des accusations de plagiat et de « concurrence déloyale » dans le chef de Today in Liège. Après examen, le CDJ a considéré que le pure player local avait plagié à plusieurs reprises des articles de La Dernière Heure, manquant ainsi à son obligation de confraternité. Le CDJ a aussi constaté, au cours de la même plénière, que la séquence « 50 personnalités que le MR aurait préférées à Thomas Gadisseux » diffusée lors de la conférence de presse de rentrée de la RTBF n’était pas de nature journalistique et ne relevait donc pas de sa compétence.
La première plainte, déclarée partiellement fondée (25-32 L. Neirynck c. F. T. / Today in Liège), avait été déposée par une journaliste indépendante à l’encontre du média en ligne Today in Liège et de son rédacteur en chef concernant une situation récurrente qu’elle qualifiait de plagiat et de « concurrence déloyale ». Après examen, le CDJ a considéré que Today in Liège avait plagié plusieurs articles issus principalement de La Dernière Heure (Liège), relevant plus précisément que i) dans deux cas, l’information était résumée ou reprise quasi textuellement, sous le même angle, sans qu’aucune source ne soit mentionnée et sans qu’apparaisse une contribution personnelle signifiante ; ii) deux autres articles omettaient de mentionner la source des informations exclusives que Today in Liège reprenait à des confrères et consœurs ; iii) Today in Liège proposait dans un autre cas un simple allègement du texte d’origine d’un autre média local (Sudinfo) et non un résumé constituant une production qui lui serait propre. Si le CDJ a considéré que le plagiat n’était pas établi relativement à cinq autres articles pointés par la plaignante, il a néanmoins estimé qu’en s’appropriant de manière répétée le travail journalistique d’autrui, Today in Liège avait manqué à l’obligation de confraternité. Le CDJ ne s’est par contre pas prononcé sur une éventuelle « concurrence déloyale », qui ne relève pas de sa compétence.
En marge de sa décision, le CDJ a formulé la recommandation suivante : « Compte tenu de la facilité avec laquelle un contenu journalistique disponible en ligne peut être copié et reproduit – a fortiori à l’ère de l’intelligence artificielle –, le CDJ invite tous les médias d’information et tous les journalistes (au sens fonctionnel du terme) à faire preuve de transparence dans leur travail, notamment lorsqu’il s’agit de mentionner leur(s) source(s), et à travailler dans un esprit de confraternité, en s’abstenant de tout plagiat ».
Lors de cette même réunion, le CDJ a examiné sa compétence dans le dossier relatif à la séquence de P. Scheurette intitulée « 50 personnalités que le MR aurait préférées à Thomas Gadisseux », diffusée sur Auvio lors de la conférence de presse de rentrée de la RTBF, à l’encontre de laquelle il avait reçu une plainte conjointe de RTL, IPM et Sudmédia. Après en avoir délibéré, le Conseil a estimé qu’il n’était pas compétent pour en traiter, considérant que la séquence litigieuse ne constituait pas une production journalistique, ni ne résultait d’un acte ou d’un travail journalistique. Le CDJ invitait néanmoins les parties à en discuter de manière apaisée, considérant que les diverses tensions qui traversent la profession demandent de retrouver de la sérénité et de la solidarité en son sein.
Lire le communiqué « 50 personnalités que le MR aurait préférées à Thomas Gadisseux »
Fin septembre, 42 plaintes étaient en traitement au CDJ. Entre la réunion plénière de juin et la première de septembre, 7 plaintes se sont soldées par une solution amiable. 36 autres plaintes n’ont pas été retenues, soit parce qu’elles ne répondaient pas aux conditions de recevabilité formelle, soit parce qu’elles n’entraient pas dans le champ d’exercice de la déontologie journalistique, soit parce que l’enjeu déontologique soulevé n’était pas rencontré. Toutes les parties plaignantes en ont été dûment informées.