Actus

3 mai – Journée mondiale de la liberté de la presse

02/05/2022

Sécurité des journalistes, respect des droits d’auteur, lanceurs d’alerte et procédures bâillons : la liberté de la presse à la croisée de nombreux enjeux.

Pour l’AJP, le 3 mai permet d’exprimer en condensé le travail que nous menons toute l’année. De gros dossiers sont sur nos bureaux et ceux de nos collègues de la VVJ avec qui nous collaborons étroitement. Et les enjeux pour la profession sont importants.

Sécurité des journalistes

Le dernier rapport de la plateforme du Conseil de l’Europe pour la sécurité des journalistes le montre : jamais en Europe, il n’y a eu autant d’agressions contre les journalistes :  « sur la carte de la liberté des médias en

Des journalistes portent des casques et des gilets de sauvetage à Kiev, en Ukraine, le 2 mars 2022. Le septième jour de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. CP Raphael Lafargue/ABACAPRESS.COM

Europe, des voyants rouges clignotent. En 2021, 282 alertes concernant 35 pays ont été présentées à la Plateforme, dont plus de 200 en 2020, soit une hausse de 41 %. Six journalistes sont morts en 2021 dans l’exercice de leurs fonctions, dont quatre avaient été délibérément pris pour cible ». Pour la secrétaire générale du Conseil de l’Europe, il s’agit «d’un recul clair et inquiétant de la démocratie ». En Belgique, la situation est également préoccupante. Nous avons accompagné plusieurs plaintes contre X, pour des violences physiques ou des menaces, ou encore du cyberharcèlement. Nous faisions déjà un point préoccupant il y a un an. Une initiative des ministres des médias (B. Dalle et B. Linard) est en cours, pour coordonner les actions à prendre avec le fédéral (Justice et Intérieur) et les organisations de journalistes AJP et VVJ. L’AJP prépare une semaine de formations pour les journalistes, lors de sa prochaine Summer school en août : apprendre les bons réflexes en situation hostile, veiller à sa sécurité et à celle de ses collègues.

Respect et valorisation des droits d’auteur

Dans un tout autre registre, qui touche aux conditions financières de l’exercice de la profession, nous sommes, avec la VVJ et la SAJ, intervenus dans le cadre de la transposition en droit belge de la directive sur les droits voisins, qui devrait octroyer aux éditeurs de presse des revenus (droits voisins) provenant des GAFA. Une « part appropriée » de ces revenus doit ensuite revenir aux journalistes. L’objectif est que cette « part appropriée » parvienne bien aux auteurs, dans le cadre de négociations collectives et avec des mécanismes de transparence balisés. Le texte est actuellement à l’examen de la Commission Economie de la Chambre. Un dossier certes technique, mais qui devrait permettre le respect des droits d’auteur des journalistes, dont le travail est exploité depuis de trop nombreuses années sans aucun retour financier par les plateformes des Big Tech.

Et autre chantier qui sera ouvert cet été : revaloriser la pige. Toutes les entreprises de médias seront concernées. Le niveau de la pige est dramatiquement inchangé depuis de nombreuses années, alors que l’inflation court et que les exigences de multi compétences alourdissent la charge de travail. Nous préparons également la grande enquête sur le prix de la pige en FWB.

Solidarité internationale

L’AJP, active et présente au sein de la Fédération européenne des Journalistes ainsi que de la Fédération Internationale, suit de près la situation en Ukraine, et participe selon ses moyens aux actions de soutien de nos confrères en Ukraine, mais aussi en Russie et Biélorussie. Le prix mondial de la liberté de la presse (UNESCO) a été cette année décerné à l’association biélorusse des journalistes (BAJ), qui a soutenu dans la clandestinité forcée,  des dizaines de journalistes intimidés, poursuivis, arrêtés ou contraints à l’exil d’où ils poursuivent leur travail.

En ce 3 mai, nous aurions également pu évoquer les enjeux de la protection des lanceurs d’alerte (bientôt à l’examen du parlement belge) ou encore ceux la directive sur les procédures-bâillon (SLAPP) qui visent à entraver le travail journalistique. Ce ne seront pas les dossiers qui manqueront en 2022…

(MS)