L’exercice normal du métier d’informer est bafoué par les autorités turques au nom des lois anti-terroristes. Les associations de journalistes manifesteront jeudi devant l’ambassade à Bruxelles en solidarité avec Baris Terkoglu.


Ce jeudi 28 juin, il y aura 500 jours que le journaliste turc Baris Terkoglu (31 ans) est en détention préventive dans une prison d’Istanbul. Arrêté le 14 février 2011 à son domicile, ce rédacteur du site web Odatv est accusé, comme de très nombreux collègues, “d’appartenance à une organisation terroriste”. En réalité, il avait simplement exercé son métier et informé ses lecteurs sur les mouvements de révolte dans les pays arabes et sur l’affaire “Ergenekon”, du nom d’une organisation militaire qui, d’après les autorités turques, aurait planifié un coup d’État. Il est aussi reproché au journaliste d’avoir diffusé une photo, prise dans un restaurant, montrant à une même table les policiers qui avaient mené l’enquête, le procureur et le président du tribunal devant lequel allait s’ouvrir le procès Ergenekon…

Baris Terkoglu a été adopté par l’Association Générale des Journalistes Professionnels de Belgique (AGJPB) dans le cadre d’une campagne de la Fédération européenne des Journalistes (FEJ). A travers cette adoption, c’est la dérive autoritaire du gouvernement turc et la détention d’une centaine de journalistes que dénonce l’AGJPB. Il est inconcevable, estime-t-elle, qu’un pays si proche de l’Europe emprisonne des journalistes qui exercent leur métier d’informer et les maintienne aussi longtemps en détention préventive en attente d’un procès équitable.

Le 18 juin dernier, à l’audience, Baris Terkoglu a enfin pu répondre aux accusations lancées contre lui, mais il n’en restera pas moins trois mois de plus derrière les barreaux : contrairement aux attentes, le procès a été reporté au 14 septembre prochain. On craint, à ce rythme, que sa détention préventive et celle des autres journalistes impliqués se poursuivent encore longtemps. Une raison de plus pour la FEJ, pour l’AGJPB et tous les syndicats et associations de journalistes européens d’exiger la libération immédiate de leurs confrères et consœurs turcs incarcérés. Elles le rappelleront ce 28 juin par un rassemblement à 11 heures devant l’ambassade de Turquie à Bruxelles.