Hassan Ruvakuki

Les journalistes burundais réclament la libération de leur collègue Hassan Ruvakuki (ci-contre), condamné à trois ans de prison pour avoir tendu son micro à un groupe rebelle. Tous les mardis,
à Bujumbura, ils organisent une manifestation pacifique : le 19 février, la police s’en est prise aux journalistes avec violence. Leur réponse ? Une grande manifestation ce mardi 26 février, qui coïncide avec
l’organisation de la « Semaine belge » et de la visite de la ministre Sabine Laruelle au Burundi.

« Semaine belge »

La « Semaine belge » débute cette semaine, à Bujumbura (Burundi). Au programme, une mission commerciale comptant plus de 40 hommes d’affaires belges, des projections de films de réalisateurs belges et burundais, une exposition,
des dégustations gastronomiques ainsi que la visite de la ministre belge des classes moyennes des PME, des Indépendants et de l’Agriculture, Sabine Laruelle. Ces festivités mettant à l’honneur les liens privilégiés qu’entretient
notre pays avec le Burundi ne doivent pourtant pas faire oublier que la situation de la liberté de la presse reste préoccupante dans ce pays. L’Assemblée nationale s’apprête en effet à y adopter une loi liberticide pour la presse,
élaborée sans aucune concertation et que dénoncent les professionnels.

L’affaire Hassan Ruvakuki

Depuis l’arrivée au pouvoir du CNDD-FDD, le Burundi n’a cessé de perdre des places au classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF) : de la 108e place en 2010, il est passé à la 132e place en 2013.
« Les convocations de journalistes ont diminué mais l’affaire Hassan Ruvakuki, condamné à la prison à perpétuité puis à trois ans de réclusion en appel, fait peser sur la presse un climat de peur« , souligne RSF dans son rapport. D’abord condamné à perpétuité pour « actes de terrorisme » – il est reproché au journaliste de Bonesha FM (également correspondant de Radio France International-RFI) d’avoir tendu son micro à des rebelles –, sa peine a été réduite à trois ans en appel.

Marche pacifique et violences policières

A l’initiative de l’Union des journalistes Burundais,  une marche de solidarité est organisée, depuis le début de l’année, chaque mardi à Bujumbura. Ce que demandent les confrères d’Hassan ? Qu’il soit libéré puisqu’il n’a rien fait d’autre que son métier d’informer.
Celle de mardi dernier a tourné court : alors que ces rassemblements se déroulaient dans le calme jusque-là, les policiers ont lancé des grenades lacrymogènes sur les journalistes manifestants et les ont battus. Certains ont même été brièvement interpellés.

Une nouvelle manifestation des journalistes aura lieu ce mardi 26 février, dans la capitale. L’AJP exprime toute sa solidarité aux confrères Burundais et demande aux autorités politiques belges de sensibiliser leurs homologues burundaises au respect de la presse et à la libération de Hassan Ruvakuki.

? RSF a lancé une pétition en ligne, réclamant la libération d’Hassan Ruvakuki : cliquez ici pour y accéder