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Aides à la presse et déontologie : une mise au point de l’AJP… et de IPM

09/10/2017

Le 6 octobre dernier, le journal L’Echo annonçait que, sur proposition du ministre des médias Jean-Claude Marcourt (PS), les aides à la presse 2017 d’IPM et de Sudpresse étaient suspendues. Motif : le non-respect par la DH et les quotidiens de Sudpresse de la déontologie, respect qui figure dans les conditions d’éligibilité inscrites au décret de 2004. Dans une info développée ensuite par la RTBF, le ministre confirmait cette suspension et l’entrevue qu’il comptait avoir avec les éditeurs concernés. Il ajoutait que « le respect de la déontologie passe aussi par le renforcement de la sécurité (financière) des journalistes ». Il annonçait la préparation d’un nouveau décret en la matière.

 

L’AJP a pris note avec une grande satisfaction des principes ainsi évoqués par le ministre des  médias. Voilà des années que l’Union professionnelle des journalistes prône une aide à la presse graduelle, accordée en fonction du respect des conditions décrétales. Sans cela, la décision de la tutelle politique ne peut opter qu’entre « toute l’aide » ou « aucune aide », cette dernière option étant économiquement injuste et politiquement irréaliste.

Défendue une nouvelle fois lors des États généraux des médias d’information (EGMI) sous la législature précédente, le principe d’une aide graduelle fut approuvé par le PS qui l’a repris dans ses conclusions politiques. Que le ministre des médias envisage aujourd’hui de s’en inspirer en interpellant des éditeurs est dans la logique des choses. C’est aussi le seul moyen matériel de pression pour que des éditeurs ou responsables de rédaction qui négligent sciemment et régulièrement la déontologie reviennent  à son respect.

François le Hodey mal informé…

Lorsqu’elle fut amenée à donner, comme chaque année, son avis aux autorités de la FWB à propos des aides à la presse et du respect de ses conditions par les éditeurs, l’AJP s’est focalisée sur la déontologie. En explication d’un schéma sur l’évolution des plaintes fondées devant le CDJ, l’AJP écrivait que « Le nombre de dossiers de plaintes fondées contre Sudpresse n’a donc pas diminué en 2016. Par contre, d’autres quotidiens en ont totalisé davantage que les autres années (La Libre : 1 ; La Dernière Heure : 5). » En conclusion de l’avis, l’AJP n’épinglait que le groupe Sudpresse, et ne citait aucun autre groupe de presse, ni aucun autre titre.

Administrateur délégué du groupe IPM (La Libre, La DH), M. le Hodey a adressé, le 9 octobre, à tous ses collaborateurs, un long mail évoquant notamment la suspension de ses aides publiques. Manifestement mal informé, M. le Hodey s’en prenait très rudement à l’AJP qui aurait critiqué l’absence de déontologie de ses propres membres, qui serait responsable de la suspension de l’aide et, par-là, coupable « d’affaiblir la situation économique de nos journaux et donc de nos rédactions ». Cela faisait beaucoup. Beaucoup trop, et nous le lui avons fait savoir.

… rectifie le tir

Animé lui-aussi par le sens de la déontologie, le patron d’IPM a vérifié et rectifié les choses quelques heures plus tard. Induit en erreur par le courrier de l’administration de la Fédération Wallonie Bruxelles qui citait l’AJP, M. le Hodey écrit que «Contrairement à ce que le Ministre déclare via le courrier de son administration, l’AJP n’a pas exprimé de critiques à propos de nos standards déontologiques. Nous retirons donc nos commentaires à propos de l’AJP.» Dont acte.