Harcèlement, agressions sexistes

Du côté des directions comme des journalistes répondant.es, il est difficile de récolter des témoignages sur des situations où le sexisme, le paternalisme ou encore des faits de harcèlement sont à l’œuvre. Ces situations ne sont pourtant pas rares et proviennent à la fois de l’intérieur de la sphère professionnelle que du public, via les plateformes numériques notamment (on parle alors de « cyber-harcèlement »).

Harcèlement

Les 10 directions de médias interrogées sont unanimes : aucun problème de harcèlement dans leur salle de rédaction. La négation de l’existence de comportements dérangeants, inappropriés et/ou sexistes repose souvent sur le fait que les directions interrogées ne reçoivent pas de plaintes. Les témoignages anonymes sont pourtant nombreux à avoir été répertoriés, notamment via cette étude.

Pourquoi une telle omerta ?

Plusieurs journalistes femmes déclarent ne pas souhaiter en parler à leurs collègues et leurs hiérarchies et ce pour plusieurs raisons : elles ne savent pas vers qui se tourner, manquent d’informations et de définitions sur ce qui peut être qualifié de harcèlement, ou attribuent parfois ces comportements à la nature « masculine » du milieu. La plupart d’entre elles évoquent également une peur des représailles ou de sanctions. Pour certaines, le harcèlement et les problèmes liés au genre représentent le premier facteur de départ de la rédaction. (étude p.111)

Ici encore, le genre est un facteur déterminant : 4 répondantes sur 10 disent avoir été harcelées moralement (contre 25% des hommes). Elles sont 11% à avoir subi des formes de harcèlement sexuel contre 0% des hommes. Aucun homme ne déclare avoir subi ce type de comportement.

Les femmes rapportent des formes de harcèlement plus diversifiées : sur les conditions de travail mais aussi le physique et l’habillement. Les interactions les plus rapportées relèvent d’interactions à caractère sexuel ou sexiste.

Paroles de journaliste : « un collègue m’a mis la main aux fesses, je lui ai hurlé dessus, j’en ai parlé à des collègues proches, mais pas à ma hiérarchie. – Un chef (d’un autre service que le mien) m’a fait une « blague » disant que j’avais dû coucher avec un autre chef pour évoluer si vite dans l’entreprise. »

Les femmes journalistes victimes d’agressions témoignent d’un sentiment important de solitude et d’un silence de soi et des autres. Ces violences mènent parfois à des problèmes de santé.

Comment sortir de ce silence ? Et, plus encore, comment empêcher ce genre de comportements et de situations ?