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Deux journalistes licenciés à Belga, la rédaction arrête le travail

28/03/2019

Logo BelgaLe personnel de l’Agence de presse Belga a arrêté le travail mercredi à midi après l’annonce de deux licenciements dans la rédaction – un journaliste francophone et un journaliste néerlandophone sont concernés. Ces deux personnes ne seront pas remplacées, tout comme un troisième journaliste qui partira à la pension. Pour la rédaction, qui fonctionne en flux tendu depuis plusieurs années, c’en est trop : la longueur inédite de cet arrêt de travail, toujours en cours jeudi après-midi, le montre bien.

La direction l’a annoncé mercredi matin lors du conseil d’entreprise mensuel : les résultats du mois de janvier étant en-deçà des attentes, elle procéderait dans la foulée de la réunion à deux licenciements. Un journaliste francophone et un néerlandophone feraient les frais de ces résultats décevants, au mépris de toutes les procédures internes pour les licenciements.

Le personnel a alors été convié à une assemblée générale, alors que les deux journalistes concernés étaient informés de la décision de la direction. Le personnel a décidé de débrayer jusqu’au jeudi matin à 06h00, dans un premier temps. Cet arrêt de travail avait alors déjà une longueur inédite pour l’agence de presse.

Faute d’avancées dans les discussions avec la direction, l’arrêt de travail a été prolongé jusqu’à midi jeudi, heure à laquelle le personnel était invité à une nouvelle assemblée générale où les représentants ont présenté une série d’actions potentielles à mener, allant d’une grève du zèle à l’instauration d’un horaire unique – de journée – pour tous les journalistes. Le personnel a ensuite dû se prononcer, par écrit, sur les différentes options. Entre-temps, il a été décidé de prolonger l’arrêt de travail jusqu’au dépouillement des votes.

Quatre-vingt-huit personnes se sont exprimées, et elles soutiennent à une écrasante majorité (85 oui, deux non, une abstention) les revendications des représentants du personnel, à savoir le maintien des effectifs et la réintégration du journaliste francophone, qui ne souhaite pas quitter l’Agence. Dans le même temps, le personnel a répondu massivement « non » à la question « Avez-vous encore confiance dans la direction ? » (78 non, 5 oui, 5 abstentions).

Jeudi après-midi, les représentants du personnel se réunissaient pour examiner comment mettre en œuvre les propositions d’action qui ont recueilli le plus de suffrages.

En attendant, la production de dépêches reste à l’arrêt. Une action remarquable quand on sait que plusieurs centaines de dépêches sont diffusées nuit et jour aux médias et aux autres clients de l’agence de presse.

Depuis des années, le personnel tire la sonnette d’alarme concernant la charge de travail et la situation à la rédaction. Si cette rédaction a été touchée moins spectaculairement que d’autres par des restructurations, l’emploi y est également sous pression, alors que les services fournis, eux, n’ont pas diminué.

Belga est une entreprise (privée) qui se porte bien et distribue des dividendes à ses actionnaires, qui sont aussi ses clients : les groupes de presse.

En fin d’après-midi jeudi, le personnel a décidé de prolonger l’arrêt de travail jusqu’à vendredi 10h00.