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Les conséquences de la crise du Covid-19 sur les conditions d’emploi et de travail des journalistes

29/06/2020

Quelles sont les premières conséquences de la crise du Covid-19 sur les conditions d’emploi et de travail des journalistes ? Quels regards portent-ils et elles sur leur rôle et leur couverture de la pandémie au cours des semaines du confinement ? Une enquête menée par l’ULB et l’UMONS fait le point.

LaPijLe confinement avait commencé depuis quelques jours. Des journalistes travaillaient de chez eux, s’inventaient des studios maison, ou se rendaient sur le terrain pour raconter et montrer les réalités de la crise. Les discours sur le monde médiatique évoquaient des pertes abyssales du point de vue financier, certaines entreprises appelaient leurs journalistes à baisser leur temps de travail. Le sens même du travail était interrogé, et les repères professionnels en grande partie bouleversés.

Le Laboratoire des pratiques et identités journalistiques (ReSIC-ULB et UMONS) souhaitait comprendre comment les journalistes vivaient cette période de façon très pragmatique (incidences sur les revenus, sur les pratiques, sur les conditions de travail, etc.), mais aussi en allant chercher leurs ressentis (sur le rôle du journalisme, les compétences journalistiques, la qualité du travail).

Pour réaliser cette enquête, un questionnaire mixte à questions fermées et ouvertes a été construit à partir de quatre parties : les données socio-professionnelles traditionnelles (sexe, genre, âge, conditions familiales, etc.), les conditions d’emploi avant et après le confinement en termes de statuts, de revenus, etc., les conditions de travail durant le confinement (temps de travail, spécialisations, impact du Covid-19 sur le quotidien), et enfin les représentations du rôle et du travail des journalistes en cette période.

L’AJP et la Smart ont accepté d’être le relais auprès de leurs membres. L’objectif était de toucher le plus de journalistes possibles et de prendre en compte l’hétérogénéité des situations professionnelles (statut professionnel, revenu, etc.). Une partie des répondant.e.s sont donc à la fois membres de la Smart et de l’AJP.

492 journalistes ont pris part à l’enquête entre le 28 avril et le 18 mai. Le taux de réponses s’élève à 18,9%. Plus d’un tiers (35,7%) des répondant.e.s sont des femmes et 64,3% sont des hommes (en chiffres pondérés). 18,4% sont âgés de moins de 30 ans, 13,1% ont entre 30 et 34 ans, 19,6% entre 35 et 44 ans, près d’un quart (23,3%) entre 45 et 54 ans, 13,8% entre 55 et 59 ans, enfin, 11,8% sont âgés de 60 ans ou plus.

Les résultats de cette enquête Journalisme en confinement sont disponibles sur le site du LaPIJ. Cette enquête a été aussi l’occasion de lancer une nouvelle collection de monographies du laboratoire, intitulée Les Carnets du LaPIJ. Ce premier Carnet propose donc une synthèse des principaux résultats de l’enquête et montre des résultats contrastés : entre situations d’emploi détériorées pour certain.e.s, craintes pour le futur, relations parfois compliquées avec les sources ou l’environnement familial, mais aussi une formidable confiance dans le rôle social du journalisme.