Actus

Les tarifs de la pige, un danger pour la qualité de l’information

05/08/2019

Pour la quatrième fois, après 2007, 2012 et 2015, l’AJP a mené une enquête sur les tarifs pratiqués par les médias belges francophones envers les journalistes indépendants. L’enquête s’est déroulée en mai et juin et 255 journalistes y ont participé.

Outre l’isolement matériel et humain que vivent des nombreux journalistes indépendants, c’est certainement les tarifs indigents, voire illégaux, pratiqués par les éditeurs qui maintiennent les freelances dans la précarité. Tous les métiers du journalisme (photographes, journalistes, caméramen, etc.), tous les médias, que ce soit en presse écrite, en audiovisuel ou en presse numérique, sont logés à la même enseigne : des tarifs indignes qui n’ont très souvent pas évolué depuis plus de 10 ans, quand ils n’ont tout simplement pas régressé !

Certes, on vit à une époque où la presse est malmenée, où la crédibilité des journalistes est battue en brèche, où la concurrence des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) et des réseaux sociaux bousculent les modèles économiques des médias. Mais les tarifs dérisoires pratiqués par les médias et les conditions de travail révoltantes que subissent les journalistes indépendants ne contribueront certainement pas à améliorer la qualité de l’information qu’ils produisent. Sans parler des conséquences sur le pluralisme des médias, sur le rôle de quatrième pouvoir de la presse et, in fine, sur le renforcement de notre démocratie.

Le constat par rapport aux tarifs en vigueur pour les journalistes indépendants reste le même depuis trop longtemps : c’est la passion qui anime le journaliste, certainement pas l’attractivité des rémunérations. Car si certains arrivent à négocier ci et là quelques maigres « avantages », la plupart des freelances n’ont pas de marge de manœuvre pour négocier un tarif, « c’est cela ou rien ».

Vous trouverez tous les résultats de l’enquête sur notre site. Les tarifs indiqués sont bruts.