Lors du colloque qui s’est tenu les mercredi 23 et jeudi 24 mars à Bruxelles

Dans le contexte de violence qui prévaut au Burundi depuis l’élection du président à un troisième contesté sur le plan juridique, la presse indépendante du pouvoir politique a été contrainte au silence depuis mai 2015, hormis la réouverture récente de deux radios (sur 7 médias fermés).

Se sentant pour la plupart menacés, près d’une centaine de journalistes burundais ont fui à l’étranger, la plupart trouvant refuge dans la capitale rwandaise, Kigali. Ceux qui sont restés à Bujumbura tentent de continuer de travailler, ne fût-ce qu’en diffusant de l’information en ligne, mais ils font l’objet de violences et de pressions constantes.

Un colloque à Bruxelles

Afin d’examiner la manière la plus appropriée d’apporter un soutien au secteur des médias burundais à court et moyen terme, un colloque de réflexion s’est tenu, les mercredi 23 et jeudi 24 mars à Bruxelles.

Organisé par WBI, l’Institut Panos, l’ULB – ReSIC  et la coopération suisse  – et placé sous l’égide du ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles Rudy Demotte – ce colloque a réuni l’ensemble des parties concernées (médias, opérateurs médias, bailleurs de fonds) afin de définir les stratégies à mettre en place pour tenter de  lever le blackout médiatique et ainsi ramener, sur tout le territoire du Burundi, une pluralité médiatique. Les journalistes burundais ont réaffirmé leur engagement à exercer leur métier dans le respect des règles professionnelles en dehors de tout combat politique afin d’assurer le droit du public à l’accès à l’information. Ils projettent de rédiger un manifeste présentant leur volonté de pratiquer un journalisme répondant aux règles déontologiques et ouvert à la signature de tous.

Recommandations

À l’issue de ces deux jours de discussions constructives, un texte de recommandations a été élaboré et présenté au ministre Demotte qui se  chargera de l’adresser directement au gouvernement du Burundi, à l’UE et aux Nations Unies.

Les principales recommandations portent sur un engagement à la réouverture par le régulateur des médias burundais ; le droit constitutionnel de la population à l’accès à l’information ; la lutte contre la haine par les journalistes ; des garanties quant à leur sécurité ; et le soutien international à la reconstruction technique et économique des médias ainsi qu’à la redynamisation rapide et claire de l’Union burundaise des journalistes (UBJ), de l’Observatoire de la presse burundaise (OPB) et de l’Association burundaise des radiodiffuseurs (ABR).

Rudy Demotte s’est réjoui que cette initiative soit un moment fort dans le processus visant au retour, partout au Burundi, d’une pluralité médiatique. L’AJP, dont plusieurs membres étaient impliqués dans des programmes de formations et d’appuis aux journalistes burundais, s’associe à cet espoir et assure l’UBJ de toute sa solidarité.