Actus

Pourquoi les journalistes de l’Avenir sont en grève (bis)

05/03/2019

Sticker l'avenirGrève des rédactions de l’Avenir ces 4 et 5 mars, en raison de trois licenciements ciblés de journalistes dérangeants pour la direction. Les craintes de représailles formulées par l’AJP et la SDR étaient bien fondées.

En ce lundi de vacances de Carnaval, la direction de l’Avenir, par la voix de Philippe Lawson et Yves Berlize, s’est acquittée de sa tâche en quelques minutes. Convoqués tour à tour, Yves Raisière, Dominique Vellande et Cédric Rosenbaum sont licenciés sur le champ. Lawson et Berlize, le regard fuyant, sont visiblement pressés d’en terminer, et broubelent de pseudo motifs de licenciement : disparition de fonction pour l’un, double emploi pour l’autre, ou encore réorganisation. Mais personne n’est dupe. Les licenciés sont trois journalistes de talent, qui ont, en raison de leur fonction et de leur personnalité, pris des risques personnels et professionnels pour garantir l’indépendance du journal. Trois journalistes dévoués à l’entreprise, licenciés sèchement… Alors que trois autres journalistes, en fin de carrière, sont candidats au départ volontaire, mais doivent rester au travail ! De départs volontaires, la direction ne discute plus. Et pour cause : elle tient son levier de représailles et peu importent les conséquences, elle va l’utiliser.

COLÈRE ET LOCK OUT NUMÉRIQUE

L’annonce se répand aussi vite que la colère monte dans les étages. L’AJP et la SDR convoquent illico une assemblée générale, qui vote massivement un arrêt de travail de deux jours et une communication hors les murs de l’entreprise. L’AJP et la SDR ont tenu une conférence de presse à Namur ce 5 mars. Communiquer hors les murs est en effet devenu nécessaire : la direction a coupé sans préavis tous les accès de tous les journalistes au site internet du journal et à ses réseaux sociaux. Un lock-out patronal numérique inédit, pour lequel la direction a spécialement dépêché un technicien de Voo, très étonné de la mission qui lui était confiée : priver les travailleurs d’un accès à leur outil de travail. Si ce lock out de la direction n’était pas aussi grave, on s’amuserait en le qualifiant de la toute première synergie entre Voo et l’Avenir…

Une AG des journalistes à laquelle tout le personnel est convié aura lieu le 6 mars à 10 heures. Quant aux syndicats Setca et CNE, ils ont apparemment rencontré la direction ce jour, lui ont fait des propositions qu’eux seuls connaissent, non concertées avec l’AJP ou la SDR. On espère qu’ils les présenteront aux premiers concernés dans les prochains jours.

Le texte diffusé par l’AJP et la SDR lors de la conférence de presse de ce 5 mars est disponible ici: 10 03 Conférence de presse Avenir 05 mars 2019