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UE : les screenings de sécurité deviennent payants, l’AGJPB s’y oppose

31/07/2018

La loi était passée en douce en février, ses effets se font désormais sentir: les journalistes souhaitant s’accréditer pour suivre les activités du Conseil européen ont reçu un message les informant qu’outre le formulaire de sécurité – classique lors des demandes d’accréditation – ils devraient s’acquitter d’une rétribution de 50 euros. C’est la conséquence de la loi du 23 février dernier, modifiant celle du 11 décembre 1998 relative à la classification et aux habilitations, attestations et avis de sécurité. Elle prévoit que toute personne faisant l’objet d’un contrôle de sécurité par les autorités belges recevra une facture de 50 euros. A charge pour elle, ou pour son employeur, de payer ce montant.

 

Au total, pour les activités du Conseil européen, ce sont près de 1.000 journalistes, Belges ou résidant en Belgique, qui sont concernés par cette mesure. 

Une mesure qui pose problème à plusieurs titres. Tout d’abord, elle crée une discrimination entre journalistes salariés, dont l’employeur prendrait en charge ce coût, et journalistes indépendants, chargés de payer eux-mêmes 50 euros… tous les six mois apparemment. Le principe même de devoir payer pour pouvoir être accrédité – car sans attestation de sécurité, pas de sésame – constitue en outre une entrave à la liberté d’informer. A cela s’ajoute une autre discrimination, celle entre les journalistes basés à Bruxelles, c’est-à-dire la plupart des correspondants qui suivent les affaires européennes au jour le jour, et leurs confrères qui viendraient ponctuellement à Bruxelles couvrir les sommets, et qui seraient dispensés de rétribution puisque contrôlés dans leur pays d’origine.

 

L’AGJPB (Association générale des journalistes professionnels de Belgique) a écrit au gouvernement pour dénoncer cette mesure et demander que cette procédure d’accréditation, en ce compris la rétribution de 50 euros, soit abandonnée. L’AGJPB s’interroge également sur l’ampleur de cette nouvelle procédure de screening et réclame des garanties sur le respect de la protection des sources journalistiques.