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« L’Europe doit demander des comptes à la Turquie »

28/07/2016

Logo jism is not a crimeTandis que les arrestations de journalistes et les fermetures de médias continuent, les Fédérations Internationale et Européenne des Journalistes (FIJ / FEJ) appellent l’Union Européenne à prendre de nouvelles mesures pour demander au président Erdogan des comptes sur  les atteintes à la liberté de la presse en Turquie.

Depuis la tentative de coup d’état échouée à l’encontre du président turc Erdogan le 16 juillet, la FIJ et la FEJ dénoncent le nombre d’arrestations de journalistes et de fermetures de médias supposément associés avec le mouvement pro- Gülen accusé d’être derrière le coup manqué. La situation a atteint le point critique où la peur d’être arrêtés rend les médias locaux progressivement silencieux, ce qui heurte les droits humains fondamentaux tels que la liberté d’expression et le droit à l’accès à l’information. Dans la soirée du 27 juillet, le gouvernement turc a publié un décret ordonnant la fermeture de 131 médias. D’après ce décret publié dans le journal officiel, 3 nouvelles agences, 16 chaînes de télévision, 23 stations de radio, 45 quotidiens, 15 magazines et 29 maisons d’édition ont reçu l’ordre de fermer. « L’Union Européenne doit prendre des mesures pour tenir le président Erdogan responsable des violations de la convention des droits de l’Homme et des atteintes à la liberté de la presse », estime le président de la FIJ Philippe Leruth. Le président de la FEJ Mogens Blicher Bjerregard et le secrétaire général  Ricardo Gutiérrez ont appelé l’Union Européenne et le Conseil de l’Europe à agir. « Nous ne pouvons rester silencieux alors que des journalistes sont arrêtés par dizaines juste devant nos yeux. Le président Junker et la haute représentante Mogherini doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour mettre fin à cette situation inquiétante ».

Les fédérations ont signalé tous ces cas au Conseil de l’Europe ainsi qu’à la Plateforme Européenne pour la promotion et la protection des journalistes.

Pour agir

La FIJ et la FEJ ont lancé le 28 juillet une campagne de solidarité avec les journalistes turcs.

Vous pouvez vous y associer en :

  •  Envoyant une lettre à l’ambassadeur turc de votre pays et/ou votre propre gouvernement ( modèle en pièce jointe)
  • Signant et partageant la pétition d’Amnesty International “Rights hard-won cannot be taken away” demandant au président Erdogan de défendre les droits humains en Turquie (la pétition mentionne également la censure des médias et le droits des travailleurs de contester leurs licenciements et leurs mises à pied)
  • Versant une contribution au fonds d’entraide de la FIJ (IFJ safety fund) afin de répondre aux demandes individuelles en provenance de Turquie  (Bank account BE64 2100 7857 0052; Swift Code GEBABEBB; communication “Solidarity Turkey”)
  • Partageant sur vos réseaux sociaux et site web le visuel : “Did you know ? journalism is not a crime”