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Hommage : Paul Libert

28/06/2012

Paul Libert, qui fut longtemps secrétaire de rédaction au journal La Meuse, à Liège, responsable en particulier de la coordination des éditions régionales, est décédé à l’âge de 76 ans. « Paul a grandi rue Saint-Pierre, au coeur de Liège.  Pendant la guerre, l’un de ses compagnons de jeux préférés fut son petit voisin Jean-Maurice Dehousse, futur bourgmestre de la Cité Ardente« , écrit notre confrère Bernard Gheur, qui a travaillé à ses côtés.

« Paul Libert entre à La Meuse, à deux pas de son quartier natal. Le navire-amiral de cette flotte de journaux à très gros tirage se trouve au 10-12 du boulevard de la Sauvenière. Il y règne une folle animation, de la cave (où sont les rotatives) au sixième étage.

Paul sera « deskeur », un métier méconnu du grand public, mais un rouage essentiel dans une rédaction. Sans cesse pendu au téléphone, il sélectionne les infos qui lui sont proposées, il leur donne une hiérarchie dans les pages. Son rôle est de coordonner les éditions régionales de La Meuse (La Lanterne à Bruxelles,  Huy-Waremme, Namur, Verviers, Arlon, Charleroi, Grand-Duché)… « Huit journaux en un seul! » C’est l’orgueilleux slogan de Paul Gabriel, rédac-chef de première grandeur.

Le « deskeur » se trouve entre l’enclume (le reporter dont le papier se fait attendre) et le marteau (l’atelier qui réclame à grands cris de la copie, pour « boucler »). Son rôle est aussi de couper, de corriger, de titrer. Il a rarement le loisir d’écrire un article. Sa signature n’apparaît pas.

Pour « desker » huit éditions, il faut être un fameux chef d’orchestre. Personnage haut en couleur, Paul Libert vitupère, s’emporte, fait de fausses sorties. On imite aisément le ton de sa voix, haut perché, ses manières un peu surannées. Ce qui fait que, certains soirs, les Paul Libert se multiplient dans la rédaction… Mais son coup d’oeil, son instinct de journaliste, s’avèrent excellents.

En fait, l’homme adorait cette ambiance tapageuse qui régnait à l’atelier comme à la rédaction ».

« Il aura fréquenté jusqu’à la fin de sa vie la Maison de la Presse de Liège, rue Haute Sauvenière« , conclut Bernard Gheur. Et pour cause, ajouterons-nous, car cette Maison de la Presse était le siège de la section Liège-Luxembourg de l’AGJPB, dont Paul Libert fut un des responsables, au début des années 80. Grand défenseur de la profession, en général, des droits des journalistes et notamment des plus vulnérables d’entre eux, en particulier, il est resté, même après sa retraite, un fidèle de notre Association. Il ne participait pas à notre assemblée générale de février dernier, et nous étions quelques-uns à nous étonner, car il ne manquait jamais ce rendez-vous. C’est qu’un autre rendez-vous capital l’attendait, celui que la Camarde lui avait fixé… (Philippe Leruth)